Une sortie au CIDAL ou comment aborder la civilisation de manière plus authentique

, par Delphine Kumar

Première étape : avant la sortie ...

Le CIDAL est le centre d’information et de documentation sur l’Allemagne. Il a été créé en 1993 dans le but d’informer le public français et francophone sur l’Allemagne contemporaine et les relations franco-allemandes. Le CIDAL met à disposition un fonds documentaire très riche (magazine sur l’Allemagne, cartes, prospectus touristiques, affiches...). Il transmet ses informations par internet via le site internet du CIDAL ou par mail, en envoyant quotidiennement l’actualité allemande (newsletter), par téléphone, courrier ou directement en intervenant sur place ou en accueillant les groupes.
Il est nécessaire de s’entretenir avec le responsable du CIDAL afin de présenter le profil de la classe (niveau, motivation...), d’expliquer ce qu’ils savent déjà, de choisir la langue dans laquelle sera faite la présentation et surtout donner une orientation au contenu de la sortie. Il est important que ceux qui vous accueillent connaissent vos attentes. Ils vous présenteront également ce qu’ils ont l’habitude de faire, de quels documents et matériel ils disposent pour que vous puissiez élaborer ensemble l’architecture de la présentation.

En ce qui me concerne, j’avais donc fait part de mon intention de commencer, avant la sortie, une séquence sur la période historique entre 1945 et 1990, et plus particulièrement sur Berlin. Le projet de ma séquence était la rédaction d’un article de journal sur les différentes facettes de Berlin (historique, culturel, politique...). Les élèves concernés étaient des élèves de 3ème bilangues.

La sortie

Nous nous sommes rendus au CIDAL en transports en commun. Le coût de la sortie ne s’élevait donc qu’à deux tickets de métro pour le trajet Courbevoie - Paris 16ème.

J’étais assez surprise de l’impatience, de l’excitation des élèves sur le chemin : le nom du CIDAL est lié à celui de l’ambassade et ce mot-là aiguise leur curiosité et leur enthousiasme. Les locaux de la rue Marbeau les ont maintenus dans cet état fébrile !

Nous étions assis dans une grande salle autour d’une table, accueillis par trois interlocuteurs du CIDAL, dont deux jeunes Allemands.
La responsable a commencé par une présentation du rôle du CIDAL, puis chacun à leur tour, les trois représentants du CIDAL ont raconté et expliqué un point de la période historique 1945-1990. Leur présentation s’appuyait sur des documents authentiques : extraits de films, de journaux télévisés... Elle n’était pas magistrale : les élèves (ou les professeurs) ont pu intervenir quand ils le souhaitaient pour poser des questions ou faire des remarques.

La matinée s’est terminée par un quiz sur l’Allemagne, l’allemand (culture générale) et naturellement sur ce qu’ils avaient entendu juste avant. Les deux élèves qui avaient obtenu le même résultat au quiz se sont affrontés de vive voix et la gagnante a remporté le DVD de « La vie des autres ». Tous les élèves sont repartis avec des bricoles (sac, stylos, porte-clé...) aux couleurs de l’Allemagne.

Exploitation possible en classe

Voici quelques pistes pour que cette sortie s’inscrive dans votre progression pédagogique et ne se limite pas uniquement à un déplacement hors de votre établissement.

Vous pouvez envisager la sortie à trois moments différents de votre séquence : au début, au milieu ou à la fin.

Si la sortie aborde plus précisément le thème qui n’a été qu’annoncé en cours, il convient donc au préalable de demander aux élèves de prendre des notes. Cette prise de notes devra être ciblée pour éviter que les élèves soient noyés sous la masse d’informations. Un groupe peut se charger des documents iconographiques ou des films présentés, un autre se chargera de la période de 1945 à 1961, un autre de 1961 à 1989 et un autre de 1989 -1990...

Lors de la séance suivant la sortie, la restitution pourra se faire en demandant aux différents groupes d’élaborer à partir de ses notes un QCM, une frise chronologique (avec les dates seulement et les autres devront la compléter avec les événements). Le groupe chargé des documents iconographiques peut préparer des devinettes (expression écrite + entraînement à la lecture) sur plusieurs photos d’événements, et les autres groupes devront reconnaître de quelle photo il s’agit (compréhension de l’oral).

Chaque groupe peut également réaliser une affiche constituée de photos, de dates, de mots-clé, de dessins (une sorte de patchwork) sur laquelle les élèves s’appuieront pour dire ce qui leur a plu ou déplu dans cette sortie. Les autres groupes pourront également réagir et donner un point de vue différent (expression orale en continu/en interaction).
Si la sortie intervient en cours de séquence, la prise de notes peut être un plus générale, car le sujet traité sera déjà plus familier. De retour en classe, vous pouvez constituer des binômes qui mettront en commun leurs notes (expression orale en interaction) et vous leur demanderez d’élaborer un quiz à partir de leurs notes. Les binômes échangeront ensuite leurs quiz, ce qui permettra, lors de la mise en commun (la correction pourra se faire à la maison par le binôme auteur du quiz), de compléter et d’approfondir leurs connaissances historiques.
Et enfin, vous pouvez envisager la sortie pour clore votre séquence. Dans ce cas, vous assignerez à chaque groupe une tâche bien précise qui permettra ensuite lors de la séance-bilan suivant la sortie de réaliser le projet de fin de séquence. Par exemple, un binôme peut se charger d’interviewer un des intervenants (l’un pose les questions, l’autre prendre des notes) pour prendre en compte la dimension plus humaine de ces événements historiques (d’ailleurs, les intervenants que nous avons rencontrés ont raconté quelques anecdotes liant leur vécu et l’histoire). Un autre binôme peut prendre des notes ou demander des détails sur un point historique vu en cours (par exemple le rôle de la STASI en ex-RDA).

Bilan

Les élèves étaient étaient vraiment ravis de cette matinée (2 heures sur place) et ne voulaient plus repartir. Cette sortie leur a permis de consolider leurs connaissances historiques, d’affiner certains points que nous n’avions peu, pas encore ou pas du tout abordés en cours (les relations franco-allemandes, les méthodes de la STASI, le déroulement détaillé de la soirée du 9 novembre 1989...)

Ma collègue d’histoire qui m’accompagnait était également très satisfaite de cette présentation. Elle m’a immédiatement fait part de son souhait d’emmener toute une classe (non-germanistes également) au CIDAL l’an prochain. Elle a apprécié l’approche très vivante de cette période historique.

Cette sortie au CIDAL n’était pas en rupture avec la progression de ma séquence, bien au contraire : les élèves ont pu réutiliser dans leurs articles (projet de la séquence) beaucoup de choses qu’ils avaient entendues ce jour-là. Pouvoir préparer et prolonger facilement en cours la présentation faite au CIDAL est un atout fondamental de cette sortie.

A savoir :

- prendre contact très tôt avec le responsable du CIDAL (pour une sortie le 9 mars, j’ai contacté le CIDAL fin octobre).
- sortie gratuite.
- langues au choix : allemand ou français.
- public : plutôt à partir de la 3ème.
- capacité d’accueil : 30 élèves maximum (j’y suis allée avec 14 élèves, mais la responsable m’a expliqué qu’ils avaient l’habitude de recevoir une classe entière en général).
- site internet : http://www.cidal.diplo.de/Vertretung/cidal/fr/Startseite.html rubrique : « documentation »

Voir en ligne : Cidal

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