Une BD peut-elle instruire et inciter tous les élèves à produire ?

, par Isabelle Jacquet

En bref

Domaine de travail  : Différencier pour permettre à chaque élève de s’emparer du travail en trouvant le mode d’expression qui lui correspond le mieux

Problématique  : Une BD peut-elle instruire et inciter à produire ?

Mots-clés : Pédagogie du contrat et de l’autonomie, apprentissage collaboratif, stratégies d’apprentissage, renforcer la motivation de tous les élèves en différenciant les tâches en fonction de leurs centres d’intérêt, en suscitant le plaisir d’apprendre et en restaurant la confiance en soi, développer les compétences des élèves en compréhension de l’écrit, évaluation formative

Classe concernée par l’expérimentation : classe de 2nde LV1/LV2 (26 élèves)

Contexte des activités mises en œuvre : une classe très clivée (niveau, comportement, appétence au travail...) Une dizaine d’élèves en difficulté voire grande difficulté. La différenciation avait pour but de permettre à chaque élève de s’investir dans la réalisation des tâches proposées en lui donnant la possibilité de choisir celle qui respectait le mieux sa personnalité.

Mise en œuvre

Pour connaître le détail des huit séances de travail, vous pouvez télécharger l’article intégral, qui comprend également les annexes, en format pdf.

Voici le film des élèves, exemple de production orale.

Bilan

1. Associer les élèves à cette expérimentation et l’annoncer comme telle n’a pas été étranger à la réussite du projet. Le fait de choisir sa tâche a joué un rôle prépondérant dans la réalisation du projet. Le choix d’une BD a motivé bon nombre d’élèves qui ne pensaient pas qu’on pouvait travailler avec un tel support.

2. Motivation : tous les élèves se sont investis (aucun n’a rien produit). Il y a eu parfois un foisonnement de productions (certains élèves ont réalisé plusieurs tâches), pas forcément chez des élèves de niveau solide. Une sorte d’« acte gratuit », davantage guidé par la motivation que par une obligation émanant du professeur.

3. Ambiance de classe : le projet a plutôt renforcé le respect voire l’estime des élèves les uns pour les autres. On n’a entendu aucune moquerie, plutôt de l’admiration pour certaines productions. Certains élèves, de niveau faible en allemand, se sont trouvés valorisés par leurs talents (à dessiner, tourner un film, écrire un poème...), façon pour eux, peut-être, de ne pas subir une réputation qui leur « colle à la peau » : « Je suis nul en allemand ». Une autre perception de soi peut sembler possible...

4. Difficultés rencontrées pour le professeur : Une préparation démultipliée tenant compte des multiples tâches proposées / un suivi du travail un peu complexe (savoir qui fait quoi et qui en est où...) / des moments de doute voire de découragement quand le travail semble ne pas avancer...

5. Mais... : du plaisir à expérimenter un autre mode de fonctionnement et une réelle admiration pour de nombreuses productions (les bandes dessinées, le film, les scènes jouées et les poèmes réalisés par les élèves) et un sentiment de gratitude pour cette classe qui a joué le jeu.

Informations sur l’auteur

- Nom du professeur : Isabelle JACQUET
- Etablissement : Lycée JB Corot, Savigny sur Orge

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