Introduction au dossier « Écrire en allemand. Pourquoi ? Comment ? »

, par Elisabeth Thomas

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GROUPE DE TRAVAIL DES FORMATEURS D’ALLEMAND
Octobre 2010 – juin 2012

Le statut de l’écrit

Produire un écrit en allemand est une tâche parfois délicate pour les collégiens dont l’expression écrite n’est pas encore bien assurée en français et elle reste encore problématique pour de nombreux bacheliers. En septembre 2009, l’Inspection Générale d’allemand constatait que seulement une minorité de candidats au baccalauréat atteignent le niveau visé en fin de second cycle. [1]

Pendant longtemps, l’expression écrite en langue vivante a été synonyme d’évaluation sommative, voire normative. Le jour du devoir sur table, les élèves devaient produire un écrit, parfois même sans y avoir été entraînés auparavant, et la production écrite pouvait seulement consister à restituer des éléments du cours et/ou à répondre à des questions.

Que ce soit en collège ou en lycée, les nouveaux programmes adossés au Cadre Européen commun de référence pour les langues vivantes font non seulement perdre à l’expression écrite sa suprématie en matière d’évaluation, mais ils la relient, que ce soit en entraînement ou en évaluation, à une tâche qui a du sens pour les élèves, une recherche du sens qui est fondamentale pour l’engagement de l’apprenant et sa motivation.

La recherche du sens en expression écrite

Après l’expérimentation menée sur la compréhension de l’oral, les formateurs d’allemand de l’académie de Versailles ont choisi de travailler sur l’expression écrite et ont construit des séances et des séquences dans lesquelles la recherche du sens de l’écrit est centrale. Toutes les activités d’écriture proposées sont reliées à une véritable intention de communication ou à une tâche d’écriture créative. L’activité d’écriture s’inscrit toujours dans un projet et se nourrit du sens investi dans des tâches préalables qui mettent en œuvre d’autres activités langagières et favorisent en particulier l’enrichissement lexical au service du projet linguistique qui « doit rester, tout comme l’acquisition de compétences pragmatiques et culturelles, le fil conducteur de la conduite de la classe. » [2]

Même si l’évaluation d’une expression écrite en français en collège et en lycée est actuellement encore assez éloignée de celle d’une production en anglais ou en allemand, les professeurs de langue vivante partagent avec leurs collègues de lettres cette quête du sens des productions écrites de leurs élèves. Ce constat a amené les formateurs d’allemand à se rapprocher du groupe des formateurs de lettres avec lesquels ils se sont notamment interrogés sur la planification et la structuration de l’écrit.

Accompagner les écrits des élèves

Comme le montrent les expérimentations menées, la révision est une étape particulièrement importante de la production d’un écrit. Lors de la rédaction des écrits intermédiaires, la nécessité d’une individualisation de l’accompagnement du professeur est soulignée par plusieurs formateurs, mais l’interaction entre pairs peut s’avérer également très bénéfique comme dans l’écriture collaborative qui fait endosser aux élèves à la fois le rôle d’auteurs et d’évaluateurs pour produire un écrit individuel ou collectif.

Pour apporter une remédiation aux écrits produits, les TICE contribuent à faciliter les procédures grâce au recours aux dictionnaires en ligne ou à d’autres outils d’aides à la rédaction.

Comme toutes les activités langagières de production, l’expression écrite est évaluée selon des critères pondérés avec précision, en particulier pour les épreuves de la certification [3] et du baccalauréat [4] , avec lesquels les élèves seront régulièrement familiarisés, que ce soit en situation d’évaluation ou en entraînement.

L’une des clés de l’amélioration des performances en expression écrite réside dans la récurrence des entraînements afin de rendre naturelle l’activité d’écriture et de favoriser l’acquisition d’automatismes. Les textes produits à la maison ou en classe pourront être brefs, ils ne seront pas forcément évalués, mais ils seront systématiquement corrigés afin que l’élève soit habitué à identifier ses points forts et ses difficultés et à développer des stratégies pour améliorer ses compétences en expression écrite. Afin de l’aider dans cette démarche, le professeur co-construira avec lui son processus d’apprentissage en évitant de lui imposer une méthodologie préétablie et en observant les stratégies mises en œuvre (utilisation du brouillon, construction de la cohérence textuelle…).

Les comptes rendus d’expérimentation

Les comptes rendus des expérimentations menées sont disponibles sous forme de fiches jointes en annexe. Ces expérimentations ne constituent pas des modèles dans la mesure où elles ont été réalisées dans des contextes particuliers et ont été fonction du profil de la classe, de la progression linguistique, du projet culturel sur l’année... Elles apportent toutefois des pistes de réflexion pour tous ceux qui souhaitent découvrir de nouvelles expériences en matière d’expression écrite et partager l’expertise des formateurs d’allemand de l’Académie de Versailles qui ont mis en œuvre des projets très divers [5].

Quelques notions clés

Activités d’écriture et situations d’énonciation

  • L’écriture narrative : Ecrire pour raconter une histoire vécue, pour construire un récit fictif…
  • L’écriture argumentative : Ecrire pour réagir, émettre une opinion personnelle, résumer, synthétiser, analyser, problématiser, interpréter, convaincre, …
  • L’écriture créative : Ecrire pour inventer, pour imaginer…

Processus de rédaction et élaboration du sens

  • La planification  : prévision de la mise en œuvre d’une stratégie narrative ou argumentative
  • La cohérence textuelle : absence de contradictions au niveau sémantique pour produire un texte dont le message répond à une situation d’énonciation précise et qui respecte les conventions narratives et argumentatives.
  • La cohésion textuelle : ensemble des moyens linguistiques qui assurent les liens logiques intra- et interphrastiques (anaphores, connecteurs, temps verbaux, ponctuation…)
  • La rétroaction : commentaire appréciatif de la part de l’enseignant ou d’un pair sur la qualité du texte produit qui peut porter sur le sens et/ou sur la forme et souligne en particulier les progrès effectués
  • La correction : rectification par l’enseignant ou l’élève d’un énoncé erroné et proposition d’un énoncé correct.
  • La remédiation : l’enseignant accompagne la correction du texte de conseils et met à la disposition de l’élève les outils méthodologiques et / ou linguistiques correspondants afin qu’il soit en mesure de comprendre ses erreurs et puisse à l’avenir mieux les contrôler.
  • La révision : réexamen d’un texte par l’élève en vue de l’améliorer. Elle ne concerne pas seulement la correction morpho-syntaxique, mais également l’organisation textuelle, la cohérence et la cohésion.
  • Les écrits intermédiaires : désignent les différents stades de production d’un texte écrit ; ils font l’objet de la part de l’enseignant d’un accompagnement individualisé

Les formes sociales de travail

  • Le travail individuel
  • Le travail de groupe
  • L’atelier d’écriture : « C’est un espace, un moment où l’on écrit pour le plaisir, on y côtoie le désir d’écrire, on y a un projet. (…) C’est une activité complexe dans laquelle le « lire » est mêlé à l’ « écrire » et au « dire ». [6]
  • L’écriture collaborative
    "Écrire un roman, construire un site, rédiger un carnet de voyage... autant d’activités qui peuvent être réalisées de façon collaborative par les élèves, mais qui ne sont pas toujours faciles à mettre en place. Comment organiser les échanges entre élèves ? Quelles consignes donner ? Trois études ... montrent qu’un facteur crucial pour la réussite du travail collaboratif est de permettre aux élèves de communiquer facilement et souvent. Le temps disponible pour la rédaction est aussi une variable importante. Enfin, une quatrième étude constate que quand le projet d’écriture collaborative est motivant, la qualité des arguments des élèves s’améliore. L’important est de connaître les objectifs et contraintes du projet d’écriture collaborative pour pouvoir trouver des solutions efficaces." [7]

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Voir en ligne : Sommaire du dossier sur l’expression écrite

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