Compte rendu de la manifestation académique pour la journée franco-allemande 2012 “Développer des compétences culturelles et interculturelles en partenariat”

, par Katrin Goldmann

Le samedi 21 janvier 2012, de 9 h 00 à 12 h 30, eut lieu la manifestation organisée pour célébrer la journée de l’amitié franco-allemande 2012 au lycée René-Auffray, 23 rue Fernand-Pelloutier, à Clichy.

La journée fut organisée autour du thème “Développer des compétences culturelles et interculturelles en partenariat”. Lors de cette matinée, nous avons pu écouter de nombreux témoignages.

En effet, apprendre l’allemand ne se résume aujourd’hui pas seulement à la maîtrise d’une compétence linguistique, mais consiste également à acquérir des compétences qui permettent de construire des ponts entre les deux cultures allemande et française et de s’ouvrir sur le monde pour mieux le comprendre.
Cela ne s’acquiert pas seulement par leur connaissance livresque, mais dépend également d’une réelle implication dans la culture de l’autre, par exemple grâce à des projets qui permettent cette mise en œuvre. Et le séjour dans le pays, l’échange avec un partenaire ne sont-ils pas le meilleur moyen de se confronter réellement à cette autre culture, de la vivre vraiment pour apprendre à se distancier par rapport à sa propre culture, pour apprendre à comprendre, à partager, à interagir, à s’entendre avec l’autre ?
L’approche interculturelle permet donc, au-delà des aspects fonctionnels ou pragmatiques de l’usage de la langue et de la simple approche communicative, de développer l’acceptation des différences, la compréhension mutuelle et l’esprit de coopération. Elle contribue ainsi à la construction de l’identité citoyenne.
Cette compétence interculturelle est une vraie richesse qui permet à chacun de mieux interpréter les différents systèmes culturels et de les mettre en relation et elle s’avère être un plus, non seulement sur le plan de l’épanouissement personnel, mais aussi dans la vie professionnelle, comme le montre l’intérêt croissant porté par les entreprises aux séjours à l’étranger de leurs futurs employés.

Nous remercions sincèrement tous ceux et celles qui, dans l’académie de Versailles, permettent la réalisation de ces projets et accompagnent la mobilité de leurs élèves.
Catherine Torres et Elisabeth Thomas, IA-IPR

En tout, il y eut trois moments forts :

  • Apprentissages et compétences en interaction dans les programmes de mobilité (échanges, séjours, rencontres...)
  • Les acquis de l’expérience interculturelle : les programmes de mobilité des enseignants
  • L’élève médiateur interculturel dans les programmes de mobilité individuelle

Ouverture de la manifestation par Catherine Torres, Elisabeth Thomas et Jacky Crépin (DASEN du 92)

Apprentissages et compétences en interaction dans les programmes de mobilité (échanges, séjours, rencontres...)

Les intervenants :

  • Mme Loubet, lycée Paul Langevin à Suresnes
  • Mme Giraudon, collège Emilie du Châtelet à Deuil la Barre
  • Mme Mangado, collège Romain Rolland, Le Plessis-Robinson
  • M. D’Hondt, lycée Richelieu, Rueil Malmaison
  • Mme Maes, lycée de l’hôtellerie et du tourisme à Guyancourt
  • Mme Afresne, Collège Moulin Joly et Lycée Guy de Maupassant à Colombes
  • M. Burgeat et M. Fortsmann, élèves de BTS du lycée René Auffray à Clichy

Guillaume Burgeat et Jean-Baptiste Fortsmann, tous deux en BTS au lycée René Auffray, nous ont fait part de leur expérience en Allemagne lors d’un stage professionnel alors qu’ils ne parlent pas allemand. Une expérience très riche qui leur a permis de découvrir et apprécier la Bavière. Ils ont travaillé dans un restaurant familial et participé à un concours de cuisine à Nuremberg, concours entre les différents établissements de Bavière.

Mme Loubet a participé avec ses élèves au concours Wasserprojekt avec sa classe de 1° euro et une collègue d’histoire-géographie. Le projet des élèves a remporté un prix. Les élèves ont raconté en allemand l’histoire d’un rat qui vit dans les égouts de Paris.

Nous avons apprécié la grande liberté dans la formulation du sujet « l’eau dans la ville ». Le thème nous a amenés à visiter les égoûts de Paris et ensuite nous avons tourné un film avec comme personnage principal, un rat : Theo Besserwasser.
C’est un projet qui a obligé les élèves à travailler en groupes, en autonomie, les recherches étaient variées, plusieurs domaines ont été étudiés (urbanisme, géographie, physique, SVT, histoire…). Ce fut un projet d’une grand richesse, tant sur le plan linguistique qu’éducatif pour les élèves.

Plusieurs élèves témoignent de leur stage professionnel en Allemagne, dans un journal, dans une école spécialisée pour enfants en difficulté ou encore dans un hôtel ou une salle de sport. Tous soulignent l’accueil chaleureux de leurs employeurs ou des familles d’accueil. Ceux d’entre eux qui sont partis avec des réticences ont vite ravisé leur opinion. Bref, une expérience réussie pour tous.

Les élèves partent deux semaines en 2nde euro en Allemagne près de Cologne, ils effectuent un stage en entreprise ou collectivité.
Pour Chloé, ce qui l’a marquée c’est l’accueil chaleureux qui lui a été fait dans son Kindergarten. Tous les acteurs de cette structure étaient prévenants, parlaient distinctement pour qu’elle comprenne.
Pour Julien, expérience dans une salle de sport allemande. L’occasion de poser des questions sur les habitudes des Allemands concernant leurs pratiques sportives. Il a souligné aussi la convivialité qui régnait dans sa famille d’accueil (chez son correspondant)
Pour Louis, deux semaines dans un hôtel, beaucoup d’expériences concrètes : dresser les tables, servir, ranger, nettoyer. Un univers qu’il ne connaissait pas du tout et qu’il a découvert. Au début, la compréhension était difficile mais très vite il s’est habitué et a exploité ses capacités à pouvoir s’exprimer en allemand.

M. D’Hondt du lycée Richelieu est intervenu plusieurs fois dans la matinée sur différents sujets. En ce qui concerne l’accueil dans des familles, il souligne l’importance de faire signer un papier de transfert de l’autorité parentale. Pour les stages professionnels, ce sont les collègues en Allemagne qui cherchent les entreprises allemandes. Les élèves doivent également rédiger leur rapport de stage en allemand. Quant aux entreprises françaises qui peuvent hésiter à accueillir un stagiaire allemand, l’expérience montre qu’elles sont en général partantes pour renouveler l’expérience l’année suivante car les jeunes Allemands s’intègrent très bien dans l’entreprise en France.

Il est important de faire adhérer l’équipe pédagogique aux projets d’échange professionnel. Les projets ne peuvent pas être portés par le seul professeur d’allemand.

Quelques uns des élèves qui ont effectué un stage professionnel en Allemagne envisagent même d’y poursuivre leurs études.
Témoignage de M. D’Hondt.

Mme Chabbal de la DAREIC intervient pour signaler que les sections européennes allemandes ne représentent que 30% de la totalité des sections européennes au niveau académique, mais 70% des échanges concernent un partenariat avec l’Allemagne.

Nous écoutons ensuite les autres collègues qui présentent leurs échanges respectifs. Il est important de rassurer les élèves qui ont souvent peur de ne pas être à la hauteur en allemand car même avec des erreurs on peut communiquer. Ces échanges sont l’occasion de corriger des idées reçues sur l’Allemagne et les Allemands. Il est agréable de constater que les élèves changent de point de vue au bout d’une semaine : au lieu de ne voir que les différences, ils voient finalement aussi des points communs.

Voici le blog des élèves de Mme Mangado :
- blog.crdp-versailles.fr/echangeallemagne2011
- Voici l’intégralité de son témoignage.

Depuis deux ans, je participe avec plaisir à la Journée Découverte franco-allemande organisé par l’OFAJ. Cette année, mes élèves (5ième, 4ième et 1ES) ont eu la chance de découvrir le siège de PORSCHE France et de la société de robinetterie de Luxe DORNBRACHT.
Grâce à ces visites, mes élèves ont pu mieux mesurer l’impact économique et linguistique des relations entre nos 2 pays. L’allemand est la langue la plus parlée en Europe et l’Allemagne est le premier partenaire économique de la France. 20% des offres sur le marché du travail concernent un poste en rapport avec l’Allemagne. La maîtrise de l’allemand est donc un avantage incontestable pour le futur professionnel des élèves.
Tous nos interlocuteurs ont souligné que sans leurs connaissances linguistiques, ils n’auraient pas eu la même carrière.

Voici le projet détaillé de Mme Giraudon, collège Emilie du Châtelet à Deuil la Barre.

Madame Afresne, professeur contractuel en poste sur deux établissements,présente également les visites d’entreprise qu’elle a organisées grâce au concours de l’OFAJ dans le cadre de la semaine de l’amitié franco-allemande.

Les acquis de l’expérience interculturelle : les programmes de mobilité des enseignants

Nous avons ensuite écouté les témoignages de trois collègues :

  • M. Kagane, lycée Camille Claudel à Palaiseau
  • Mme Abou, collège Georges Pompidou à Courbevoie
  • Mme Lolliot, CMP Jacques Arnaud à Bouffémont

M. Kagane a participé à trois formations pour professeurs d’allemand dont le stage tandem organisé par l’OFAJ. Ces stages qui sont organisé sur le temps des vacances scolaires sont tout à fait enrichissants, sur le plan humain ainsi que sur le plan de la réactualisation des connaissances. Grâce aux aides proposées par l’OFAJ, les frais pour ces stages sont tout à fait abordables. Voici son témoignage plus détaillé.

Mme Abou a participé à un échange entre professeurs par l’intermédiaire du CIEP. De voir fonctionner un établissement allemand de l’intérieur peut être très intéressant car le professeur d’allemand que nous sommes n’a pas forcément conscience des différences dans le fonctionnement.

Mme Lolliot est professeur de lettres modernes. Elle a participé au programme Jules Verne. Une expérience inoubliable et extrêmement enrichissante. Dans le cadre de son séjour dans un établissement allemand, elle a enseigné le français en 6° et 5°. Elle a été surprise par la spontanéité des élèves allemands. Bien sûr, le fonctionnement un peu plus libéral l’a également étonnée. De retour en France, elle a décidé d’accorder un peu plus confiance aux élèves. Puisque cela fonctionne en Allemagne, il n’y a pas de raison que cela ne marche pas ici !

Le programme Jules Verne permet à des enseignants du premier et du second degré d’assurer leur fonction dans un pays étranger pendant une année scolaire. Pour ma part, je suis partie à Bonn au Hardtberg-Gymnasium où j’y ai enseigné le français à de jeunes allemands de 8 à 15 ans. Cette expérience a considérablement enrichi ma pratique, c’est évident.
Tout d’abord, enseigner dans un établissement à l’étranger sous-entend s’adapter sans cesse à tout ce qui peut se présenter à soi : des cours aux réunions parents-profs en passant par la notation des élèves.
En outre, j’ai pu repérer à quel point les élèves allemands étaient spontanés, créatifs et imaginatifs dans leurs apprentissages. En effet, la salle de classe devient un vrai laboratoire d’expériences linguistiques dans lequel les jeunes élèves s’initient à la langue française en toute liberté. Si j’ai une chose à retenir de cet enseignement en Allemagne, c’est cette liberté avec laquelle les élèves apprennent : pas de frein ni d’obstacle, ils se lancent sans crainte ni jugement. Voici donc un exemple précis de pratique que j’ai rapportée avec moi dans mes bagages et que je cultive à présent dans mes cours.
Ainsi, enseigner un an en Allemagne permet de prendre de la distance avec son propre enseignement en nous incitant à aller toujours de l’avant afin que les élèves, les acteurs de notre métier, en ressortent encore plus riches.
Lire l’intégralité de son témoignage ici.

L’élève médiateur interculturel dans les programmes de mobilité individuelle


Durant cette dernière partie, nous avons écouté des élèves et des professeurs qui sont intervenus sur les programmes d’échange individuel Brigitte Sauzay et Voltaire. Des personnels de direction ainsi que des parents, dont la maman allemande d’un élève séjournant alors en France dans le cadre d’un échange Voltaire au lycée d’Etampes, ont également témoigné.

Les intervenants :

  • M. Lenoir, collège de Soisy sur Seine
  • M D’Hondt, lycée Richelieu à Rueil
  • Mme Busin, lycée Delaunay à Villepreux
  • Mme Pouret, lycée Agora à Puteaux
  • Mme Töllner, lycée Laurencin à Mennecy,
  • Mme Goldmann, collège Martin Luther King à Buc
  • M. Magri, proviseur du lycée St Hilaire à Etampes
  • M. Gaimoz, principal du collège Le Roussay à Etrechy

Les élèves et les professeurs ont témoigné et répondu aux questions de la salle. Tous les élèves ont souligné qu’un échange individuel Brigitte Sauzay ou Voltaire était une chance formidable à la fois pour progresser en allemand, mûrir et gagner en autonomie. Les professeurs ont constaté que plusieurs correspondants restaient en contact encore de nombreuses années après leur échange. Quelques élèves ont vécu des histoires moins heureuses parce qu’ils n’avaient pas d’affinités avec leur correspondant. Néanmoins, ces élèves-là aussi ont apprécié le séjour et seraient prêts à recommencer.

Le retour en France se passe en général très bien. L’élève n’est pas pénalisé pour son passage dans la classe supérieure et on ne constate pas de difficultés scolaires.

En observant les conséquences de la participation à un échange sur la progression de mes élèves, j’ai pu constater qu’ils en tiraient des bénéfices durables, tant sur le plan personnel qu’intellectuel et linguistique.
Evidemment, le succès du programme dépend éminemment de l’attitude de l’élève en Allemagne, mais lorsqu’il y a une réelle implication pendant le séjour, les progrès sont considérables.
Quel que soit le type de séjour et sa durée, on constate presque systématiquement une évolution notable dans l’attitude des élèves, plus décomplexés face à la langue, moins crispés à l’idée de faire des erreurs.
Tous ne gagnent pas en rigueur grammaticale, notamment à l’écrit, mais tous font preuve d’une plus grande aisance à l’oral et ont une plus grande capacité d’absorption lexicale.
Avec le recul, on peut dire que la participation à un échange de moyenne ou longue durée constitue une étape souvent décisive dans l’accès à l’autonomie linguistique.
D’ailleurs, nombreux sont ceux qui suite à cette expérience intègrent une dimension internationale dans leurs projets d’études et les perspectives professionnelles.

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