Envie de frissons ? Quelques polars allemands à lire pendant les vacances d’été …

, par Katrin Goldmann

Le polar allemand est bel et bien en vogue en Allemagne, les Allemands ne lisent pas exclusivement des auteurs anglo-saxons. Si vous n’en connaissez pas, laissez vous donc séduire par l’un ou l’autre des auteurs et/ou livres que je vous présente (et que j’ai tous lus et appréciés !). Il est encore temps d’en mettre dans ses valises pour les vacances d’été. Tous ces livres sont disponibles en édition de poche.

« Der Schwarm » de Frank Schätzing

Ce livre est mon préféré, j’ai dévoré les 1000 pages en 3 jours pendant les grandes vacances. Ce n’est pas un polar ordinaire mais un éco-thriller. Pour faire court, c’est la nature qui essaie de prendre sa revanche parce que l’homme ne la respecte pas. Des scientifiques enquêtent tout au long du roman pour trouver la solution et épargner la mort certaine à l’humanité. Un livre extrêmement bien documenté et passionnant du début jusqu’à la fin.
Frank Schätzing est né en 1957 et vit à Cologne. Il a obtenu le KölnLiteraturPreis en 2002.

« Lautlos » de Frank Schätzing
C’est également un gros volume, 680 pages. L’intrigue tourne autour du sommet de 1999 organisé à Bonn. Des terroristes ont prévu d’organiser un attentat très spectaculaire, justement ni vus ni connus, d’où le titre. Un physicien très caractériel qui est en même temps un auteur connu et respecté mène l’enquête à l’aéroport Köln-Bonn.

« Glennkill » de Leonie Swann

Encore un de mes préférés ! Cela ne sonne pas vraiment allemand mais Leonie Swann est née en 1975 près de Munich et vit aujourd’hui à Berlin. L’histoire ne joue pas non plus en Allemagne mais en Irlande mais ce livre vaut vraiment le coup ! Il s’agit d’un Schafskrimi, des moutons découvrent leur berger un matin mort dans leur pâturage et ont décidé de mener l’enquête eux-mêmes. Bien sûr, le monde des hommes n’est pas facile à comprendre quand on est un mouton ! Rires garantis ! Ce premier roman de Leonie Swann a immédiatement connu un très grand succès en Allemagne.

Der Heimatkrimi, un nouveau genre…

Il s’agit de polars qui s‘affichent délibérément attachés à une région ou une ville. Ces polars, en plus de nous permettre de lire un livre peut-être passionnant, se passent dans de petites villes ou même des villages. Les protagonistes peuvent éventuellement s’exprimer en dialecte et les héros sont souvent plutôt des anti-héros, ou du moins des gens très simples qui aiment les plaisirs simples et ordinaires, comme boire une bonne bière le soir ou manger des plats traditionnels. En général, cela n’a rien à voir avec le thriller américain, c’est plutôt l’enquête façon la force tranquille, à l’allemande, on va dire … En voici quelques auteurs et quelques titres :

Nicola Förg
Nicola Förg est née en 1962 et a grandi à Immenstadt et à Kempten.
J’ai lu trois de ces livres, deux Oberbayern Krimi et un Alpen-Krimi.
Dans « Eisenherz » (2006) et « Nachtpfade » (2007) de la catégorie Oberbayern Krimi, c’est le commissaire Gerhard Weinzirl, amateur de Weißbier et Schweinsbraten qui mène l’enquête en traversant petites villes et villages. Et bien sûr, les Bavarois peuvent donner la réplique en bavarois, comme p.ex. : « Wo soi der bsuffene Depp a hi, de Wirtsheiser machen amoi zu. » Mais n’ayez crainte, cela n’arrive pas tout le temps !
Dans « Tod auf der Piste » (2009), un Alpen-Krimi, c’est une femme commissaire de Garmisch, Irmi Mangold, qui mène l’enquête. Irmi vit avec son frère à la ferme familiale, 32 ha de terrain et avec plus de 50 vaches. Donc, le soir après son travail de commissaire, Irmi doit aider son frère, comme p.ex. traire les vaches …

Michael Soyka
Il est né en 1959 à Berlin, est professeur en psychiatrie et a travaillé pendant 20 ans à l’hôpital psychiatrique de Munich. Dans « Schwarze Ufer » (2009), un Starnberger-See-Krimi, Frank Fels, commissaire de Munich s’occupe du meurtre de trois jeunes enfants. Une enquête à rebondissements près du Starnberger See.

Volker Klüpfel et Michael Kobr
Deux amis, tous deux nés à Kempten. Volker Klüpfel né en 1971 est journaliste à la Memminger Zeitung, Michael Kobr né en 1973 est Realschullehrer. D’après le Spiegel, les deux amis sont le « erfolgreichste Autorenduo Deutschlands ». Dans leurs Allgäu-Krimis, ils mettent en scène le commissaire Kluftinger, qui adore les Käsespätzle et qui aime être tranquillement dans son canapé devant la télé le soir. Le pauvre Kluftinger ne rate pas une occasion d’être ridicule, souvent par sa faute, bien sûr. En parallèle à l’enquête, nous participons toujours à la vie privée de ce commissaire, tiraillé entre sa femme, une mère autoritaire qui le traite toujours comme si c’était encore un petit garçon et le Dr. Langhammer, le mari détesté de la meilleure amie de sa femme. Bref, « Klufti », comme ses collègues l’appellent affectueusement, est le spécialiste du Fettnäpfchen par excellence.
Il y a pour l’instant cinq enquêtes du commissaire Kluftinger, (j’ai lu les quatre premiers) :
« Milchgeld » (2003), « Erntedank » (2004), « Seegrund » (2006), « Laienspiel » (2008) et « Rauhnacht » (2009). Tous ces livres existent également en Audiobook.
On s’habitue et on s’attache à ce commissaire, cet anti-héros qui fait rire.

Partager

Imprimer cette page (impression du contenu de la page)