Site allemand de l’académie de Versailles
Académie
Accueil du site > Franco-Allemand > J.F.A. > Le rôle de l’OFAJ et l’importance des échanges franco-allemands

Discours de Max Claudet, secrétaire général de l’OFAJ

Le rôle de l’OFAJ et l’importance des échanges franco-allemands

dimanche 8 février 2009

Intervention dans le cadre de la journée académique de l’amitié franco-allemande 2009 dans l’académie de Versailles

Permettez-moi tout d’abord d’adresser mes remerciements à l’Académie de Versailles, au recteur Boissinot, à Madame la directrice de la Dareic et bien sûr à mes collègues Catherine Torres et Wolf Halberstadt pour m’avoir invité dans le cadre de cette journée académique de l’amitié franco-allemande afin de vous présenter les différents programmes mis en place par l’OFAJ afin de susciter, d’encourager, de financer (en partie) les échanges entre la France et l’Allemagne ainsi que de vous donner quelques exemples sur les bénéfices que peuvent tirer les élèves de cette expérience.

Créé par le traité de l’Elysée en 1963, largement rénové en 2005 et 2006, l’OFAJ a déjà permis à plus de 8 millions de jeunes français et de jeunes allemands de se rencontrer et de découvrir l’autre pays. Grâce à toutes les mesures prises depuis quelques années, ce que j’appellerais le nouvel OFAJ a augmenté le nombre de ses bénéficiaires de manière sensible, alors que les subventions gouvernementales restaient étales. Ces quelques 15000 bénéficiaires supplémentaires sur un total dépassant désormais largement les 200000 sont le plus beau cadeau que nous pouvons faire aux deux pays pour cette semaine franco-allemande. Doté d’une mission de service public, augmenté le nombre de participants sans sacrifier pour autant certaines exigences pédagogiques était un de nos objectifs principaux.

La palette des programmes proposés par l’OFAJ est large, voire même très large. Il s’agit là d’un choix stratégique qui a été confirmé par notre conseil d’administration. En effet, il nous a été parfois reproché de vouloir couvrir trop de champs au risque de brouiller le message et de nuire à la visibilité de nos actions. Je pense cependant que couvrir des domaines aussi hétérogènes que la formation professionnelle dans les métiers du bâtiment ou la traduction littéraire, est au contraire gage de richesse et de complémentarité.

Vous connaissez sans doute bien les programmes scolaires qui sont communément gérés avec les académies en France et les Kultusministerien en Allemagne. Ils ont évolué au cours de ces dernières années, avec le renforcement des séjours individuels du type Voltaire et Sauzay. Nous nous en félicitons mais nous n’oublions pas que pour de nombreux élèves et pour leur famille, ce type de séjour n’est pas possible. Ce sont les séjours traditionnels, les séjours en groupe qui sont de loin les plus nombreux. L’OFAJ a veillé pour ces séjours à tenir compte des changements intervenus dans l’enseignement des langues vivantes : la plupart des séjours s’inscrivent maintenant dans un projet pédagogique au long cours développé dans le meilleur des cas entre la classe française et la classe allemande. Des actions de formation commune ont été menées par les académies et l’OFAJ. D’autre part, et c’est le défi à relever pour les années à venir, il s’agit d’inscrire ces rencontres dans une politique plus vaste d’établissement visant à l’internationalisation, en particulier en direction de l’Allemagne. Cela veut dire que ce n’est pas seulement le professeur d’allemand qui emmène les élèves ayant choisi cette langue mais que nous souhaitons que des élèves n’ayant pas encore choisi l’allemand puissent être associés à l’échange, que des professeurs d’autres matières fassent appel à l’OFAJ. Je ne vous cacherai pas que nous nous adaptons aussi en choisissant cette voie à la baisse des effectifs des classes d’allemand de ces années dernières. Et que nous souhaitons bien sûr faire du prosélytisme auprès des élèves et de leur famille afin de changer une image parfois troublée de l’Allemagne et de l’allemand afin qu’ils choisissent en nombre cette langue. Mais nous pensons positivement qu’il s’agit là d’une voie d’avenir, capable de venir étayer toutes les mesures mises en place pour favoriser l’allemand.

Les autres programmes de l’OFAJ, environ 65%, se déroulent hors du champ scolaire. Les échanges sportifs, les échanges à dominante culturelle sont pour les échange de groupes les plus importants. Pour les échanges individuels, pour les bourses, c’est le domaine de la formation professionnel qui est prédominant. En multipliant le nombre de bourses proposées, nous voulons encourager ceux qui sont le moins mobiles sur le plan international, à tenter l’aventure, dans un pays dont ils n’ont souvent jamais appris la langue (malheureusement). C’est la raison pour laquelle nous leur proposons également avant leur départ un cours de langue qui doit leur permettre de surmonter leurs appréhensions.

Malgré tous ces succès, l’OFAJ est souvent confronté, comme vous-mêmes certainement, à de nombreuses interrogations : pourquoi les séjours en Allemagne sont-ils particulièrement bénéfiques, pourquoi l’Allemagne et non pas d’autres pays, pourquoi pas un Office européen de la jeunesse ?

Il est clair que les séjours en Allemagne sont particulièrement utiles pour les élèves. Tout d’abord, ils leurs permettent de découvrir un pays, une culture, dont il faut bien avouer qu’il est superbement ignoré, méconnu en France. L’omniprésence de certains médias, en particulier télévisuels, qui se contente pour les affaires internationales d’analyses superficielles quand elles existent (faut-il y voir aussi un manque de culture des journalistes dans ce domaine ?) participe à l’ignorance des réalités du pays voisin. Hors pour un adolescent, rien n’est plus enrichissant que de découvrir une réalité toute proche et pourtant plus éloigné de ses représentations que par exemple une rue américaine. Il s’agit là pour les professeurs, pour les responsables des échanges d’un véritable trésor pédagogique qu’ils peuvent exploiter.

Il va de soi qu’un séjour en Allemagne viendra confirmer/approfondir les compétences linguistiques des élèves. Ce sera pour beaucoup une véritable découverte et une grande fierté de pouvoir d’abord comprendre, puis communiquer. Ces capacités linguistiques sont précieuses, au-delà de ce que peuvent imaginer les parents souvent rassurer d’un choix linguistique moutonnier anglais/espagnol. En effet, les liens tissés avec l’Allemagne sont si forts que la demande de professionnels ayant au moins des notions d’allemand, il ne s’agit pas là de bilingues, demeure particulièrement forte et ce, dans tous les domaines. Sait-on par exemple que tous les ministères envoient à Berlin des fonctionnaires d’échange, à tous les niveaux de responsabilité et que le fait de pouvoir être dépêché en Allemagne est un atout majeur dans une carrière. Sait-on que de nombreuses entreprises, en particulier les PME, cherchent sans pouvoir les recruter des vendeurs pour le marché allemand, de loin le plus important en Europe et ne les trouvent. Faut-il voir dans les chiffres catastrophiques des échanges commerciaux français la peine des vendeurs français cherchant à vendre à Munich dans un anglais approximatif ??
Cette compétence linguistique est un atout précieux pour toute carrière professionnelle internationale.

Car il ne s’agit pas ici de défendre exclusivement les échanges entre la France et l’Allemagne. Le séjour franco-allemand, soutenu par des fonds publics, est souvent celui qui va désinhiber les élèves face au départ à l’étranger. C’est celui qui viendra les sensibiliser aux cultures différentes, leur apprendra à relativiser une vision par trop ethno-centrée.

L’apprentissage de l’allemand présente ainsi des atouts non seulement sur le plan pédagogique (il participe de manière particulièrement efficace à la structuration de la pensée de l’élève), il vient apporter une ouverture remarquable sur le monde.

M. Claudet
Paris, 21 janvier 2009



Site académique d'allemand
Responsable éditorial : M. Pierre-Yves Duwoye, recteur - Responsable de la rédaction : Mme. Torres, IA-IPR
Webmestre : Katrin Goldmann