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Un témoignage authentique...

jeudi 24 janvier 2008

... de l’assistante d’allemand lors d’un colloque au lycée Emilie de Breteuil !

S’est tenu au lycée Emilie de Breteuil le 21 janvier dernier un colloque sur le thème de l’amitié franco-allemande, dans le cadre du 45ème anniversaire du traité de l’Elysée, dit également, traité de l’Amitié franco-allemande !

Ci-dessous vous trouverez le témoignage de l’assistante d’allemand, et si vous voulez lire d’autre interventions et découvrir photos et présentation Power point, et bien suivez le guide !

 Hanne Rösner et le Proviseur du lycée

Vous pouvez également écouter ce témoignage :

Témoignage de Hanne
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Bonsoir Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis que vous soyez venus si nombreux. Seulement j’ai un problème : je n’ai pas l’habitude de parler devant un public aussi nombreux, pas même dans ma langue maternelle, l’allemand. Je vous prie d’excuser par avance mon émotion sachant que je vais sûrement faire beaucoup de fautes de français.

D’abord je voudrais me présenter. Vous avez sûrement déjà remarqué à mon accent, que je suis allemande. Je m’appelle Hanne Rösner et je viens de Stuttgart, une ville du Baden-Württemberg dans le sud de l’Allemagne. Je fais des études de biologie et de français pour devenir professeur dans ces deux disciplines car en Allemagne les professeurs enseignent plusieurs matières. Depuis le mois d’octobre, je suis ici à Montigny et je travaille dans les lycées Descartes et Emilie de Breteuil comme assistante de langue jusqu’en avril 2008. Je poursuivrai ensuite mes études en Allemagne.

Maintenant, je vais vous dire le rôle que l’amitié franco-allemande joue dans ma vie et comment j’ai vécu cette amitié pendant mes trois premiers mois en France.

J’ai eu mes premiers contacts avec la France quand j’étais petite fille. La raison est que ma mère est professeur de français dans un lycée en Allemagne et qu’elle adore la France. C’est pourquoi nous avons passé presque toutes les vacances d’été en France – en Bretagne, sur la côte Atlantique, sur la côte d’Azur, en Ardèche, en Camargue -. Pendant ces séjours j’ai appris mes premiers mots de français, par exemple, pour acheter des pains au chocolat que j’adore et qu’il n’y avait pas en Allemagne.

Avant d’avoir commencé à apprendre le français à l’école, j’ai déjà eu un aperçu de l’amitié franco-allemande.A à cette époque, ma mère organisait les échanges de son lycée avec des lycées français (Besançon, Albestroff en Alsace). Les professeurs français qui accompagnaient les élèves ont souvent habité chez nous pendant leur séjour en Allemagne. D’une part c’était passionnant de faire leur connaissance. Très chaleureux et très gentils ils me parlaient de la France et des écoles françaises, mais d’autre part je ne trouvais pas super de devoir leur donner ma chambre !

A l’école j’ai appris le français comme deuxième langue étrangère à l’âge de douze ans. En tout j’ai étudié le français pendant sept ans jusqu’au baccalauréat. Très vite j’ai remarqué que ce que l’on apprend à l’école est vraiment très utile et j’étais très contente de mettre en pratique mes connaissances pendant mes vacances en France. Mais le véritable enthousiasme pour la France et la langue française est venu grâce aux deux échanges auxquels j’ai participé pendant ma scolarité. Mon ancien lycée a un lycée partenaire à Sucy en Brie pas loin d’ici. Les échanges ont eu lieu dans ma deuxième et ma cinquième année de français. Pendant les échanges qui ont duré huit à dix jours nous avons habité dans les familles de nos correspondants. La vie familiale, la culture, les repas et le pays m’ont beaucoup plu. Au lycée, l’amitié franco-allemande était pour moi présente parce que nous avions un assistant français. Nous nous sommes très bien entendus et il nous a appris beaucoup sur la vie quotidienne en France.

Après le baccalauréat, je me suis décidée à faire des études de français pour mieux apprendre la langue, connaître la culture et les hommes. Je veux devenir professeur parce que je voudrais bien partager mon enthousiasme pour la France et la langue française avec les autres. Je voudrais montrer à mes futurs élèves que c’est vraiment super et utile de connaître la langue de son pays voisin…

Malheureusement on n’apprend pas beaucoup sur la civilisation française pendant les études. C’est une des raisons pour laquelle je me suis décidée à passer plusieurs mois (einen längeren Zeitraum) en France. Mais la raison la plus importante est bien sûr d’améliorer mon français.

Au niveau de l’université, l’amitié entre la France et l’Allemagne se manifeste par des échanges entre professeurs. Ainsi nous, les étudiants, avons souvent la possibilité de suivre des cours donnés par des français et qui nous sont, sans aucun doute, très profitables. Naturellement il y a aussi des échanges entre étudiants. Presque toutes les facultés ont une université partenaire en France. Alors, il est très facile de passer un ou plusieurs semestres dans une université française sans avoir trop de problèmes d’organisation. Et pour les futurs professeurs il y a aussi la possibilité de travailler pendant sept mois comme assistant de langue en France. C’est ce que je fais en ce moment à Montigny.

Les premiers mois ici ont été une expérience exceptionnelle pour moi. Au début, c’était assez dur de gérer l’organisation. J’ai dû régler des choses que je n’avais jamais faites avant en Allemagne. Par exemple j’ai dû prendre une assurance, ouvrir un compte bancaire, demander les aides au logement, acheter des tickets pour le métro... Ce n’était pas toujours facile et au début j’ai eu un peu peur de toutes ces démarches. Mais maintenant je sais que c’est quand même une très bonne expérience car je n’ai plus peur de demander de l’aide à quelqu’un. Je suis presque sûre que la dame de l’accueil à la banque de Montigny n’a jamais dû expliquer à quelqu’un comment utiliser un chéquier et comment on paie avec des chèques. J’étais complètement perdue car en Allemagne presque plus personne n’utilise ce moyen de règlement… Cependant elle l’a fait patiemment et très gentiment.

De plus les professeurs d’allemand qui s’occupent de moi sont super gentilles et plus encore (nett und noch mehr) : elles ont répondu à mes mails déjà en juillet quand j’étais encore en Allemagne. Elles ont toujours été très très gentilles (mit oben vergleichen), ont toujours répondu à mes questions et m’ont aidé à chaque problème. Comme ça j’ai su, dès le début, que j’allais être entre de bonnes mains.

Les élèves dans les deux lycées m’ont accueillie très gentiment et d’une façon très aimable. Pendant les cours ils sont très attentifs quand je leur parle, surtout quand je donne mon opinion en thème ou si je raconte quelque chose sur ma vie quotidienne en Allemagne. Ils sont très intéressés par le pays dont ils apprennent la langue. Quelque fois des élèves viennent après les cours pour me poser des questions, soit sur ma vie, soit sur mes expériences ici ou soit sur l’Allemagne. Je suis très contente de voir que les élèves montrent un tel intérêt pour mon pays. Je pense que cet intérêt et cet amour de l’Allemagne ont été provoqués par des professeurs enthousiastes. (Begeistert) .

Tous les professeurs de mes deux lycées m’ont accueillie très gentiment. Dans la salle des professeurs, il est très drôle d’observer qu’ils essaient de comprendre quand je parle allemand avec une des professeurs d’allemand. Ils sont toujours très contents lorsqu’ils ont compris quelque chose et ils demandent souvent : « Dis donc, tu viens bien de dire ça ou ça ! ». Quelques-uns essaient même d’activer leur vocabulaire et m’adressent la parole en allemand. Souvent ils discutent avec moi de l’école, des élèves ou du système scolaire en Allemagne. Je trouve super que même les professeurs qui n’enseignent pas l’allemand s’intéressent à mon pays. Et moi aussi, j’apprends toujours quelque chose de nouveau sur la France pendant ces discussions.

Mon image de la France n’a presque pas changé pendant ces premiers mois ici. J’ai une image très très positive de la France. Les gens sont très gentils et très ouverts. Ils s’intéressent à l’Allemagne et à la vie des allemands .S’ils remarquent que je ne suis pas française, par exemple quand je fais mes courses, ils demandent toujours d’où je suis et pourquoi je suis ici. Quelques uns commencent même à parler allemand. C’est toujours très drôle. En plus, je trouve que j’ai beaucoup de chance d’être dans la région parisienne où il y a tant de distractions de toutes sortes.

Mon image de la France a changé dans un seul secteur. Il s’agit de l’école. Mes connaissances sur l’école française dataient de ma propre scolarité et des deux échanges auxquels j’ai participé. Cette image n’est heureusement plus vraie. Dans mon souvenir, les règles à l’école étaient beaucoup plus sévères : les élèves n’avaient pas le droit de se promener dans les couloirs pendant la récréation et autour de l’école il y avait une grande clôture. Et je me suis aussi trompée en ce qui concerne les relations entre professeurs et élèves : je m’imaginais une relation avec beaucoup de distance. Mais je constate ici que ces relations sont, en réalité, plus proches que dans mon souvenir.Je vais retourner en Allemagne avec une image actualisée de l’école en France.

En conclusion je peux dire qu’un séjour à l’étranger est nécessaire pour améliorer ses connaissances de la langue et du pays. On voit comment les gens vivent et comment ils organisent le quotidien. Avant tout, on a la possibilité de parler avec les habitants, poser des questions et échanger. Ainsi il se dégage des impressions complètement différentes de celles qu’on peut avoir comme touriste. De cette façon, j’ai appris en trois mois ici beaucoup plus sur les traditions et les coutumes françaises que pendant les sept années de cours au lycée. Je compte encore découvrir et apprendre beaucoup pendant les mois à venir. J’espère pouvoir montrer à mes élèves français que la langue allemande est vraiment vivante. Je souhaite pouvoir leur faire mieux connaître l’Allemagne et les allemands. Je voudrais aussi contribuer à faire diminuer les préjugés s’il y en a encore. Je voudrais être un exemple pour les élèves en les encourageant à participer aux nombreux programmes d’échange qui existent.

Enfin j’espère que mes élèves aideront à maintenir et renforcer cette amitié franco-allemande.

Merci beaucoup !

  par Hanne Rösner, Assistante allemande



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