Article repris du site « Deutsche Botschaft Paris »
13 novembre 2007 - Confrontées à des défis similaires, la France et l’Allemagne veulent renforcer leur coopération en matière d’intégration. C’est l’un des messages clé qu’ont envoyé hier les membres des deux gouvernements lors du 8ème Conseil des ministres franco-allemand à Berlin.
Première avancée : Paris et Berlin entendent coopérer plus étroitement pour contrôler les migrations légales et pour lutter contre l’immigration illégale. Les ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur et de la Justice des deux pays vont créer un groupe de travail commun. Il aura pour mission d’élaborer des positions communes que la France et l’Allemagne présenteront, par exemple, à leurs partenaires européens.
Le deuxième point d’accord porte sur le fait que l’intégration n’est pas « une voie à sens unique », selon l’expression d’Angela Merkel. Partis ensemble à la rencontre de jeunes lycéens de la région de Berlin, la chancelière allemande et le président français Nicolas Sarkozy ont pu développer leur vision de l’intégration.
« L’intégration signifie que les jeunes issus de l’immigration doivent avoir les mêmes chances que les jeunes dont les familles sont installées depuis longtemps dans le pays », a ainsi déclaré Mme Merkel. Pour ce faire, le pays d’accueil doit faire preuve d’ouverture. Mais les migrants doivent aussi faire des efforts pour s’intégrer. Ils doivent notamment apprendre la langue car « celui qui ne comprend pas la langue n’a aucune chance de s’insérer dans le pays », a souligné la chancelière. Qui veut s’intégrer doit respecter la culture du pays d’accueil, sans renoncer à la sienne, a renchéri M. Sarkozy. Les valeurs sociales élémentaires comme l’égalité entre les hommes et les femmes, l’interdiction de la polygamie et du mariage forcé doivent être respectées.
La rencontre a d’ailleurs montré que les deux pays pouvaient apprendre l’un de l’autre. L’un des jeunes a demandé à Mme Merkel pourquoi son gouvernement ne comprenait pas de membres issus de la diversité comme c’est le cas du gouvernement français. La chancelière a répondu qu’il était justement temps d’y penser… Elle a suggéré que son parti envoie au parlement des représentants d’origine turque afin qu’ils puissent faire leur chemin jusqu’au gouvernement.
A l’instar de Mme Merkel et de M. Sarkozy, les ministres des deux pays se sont rendus sur le terrain pour aborder concrètement les problématiques liées à l’intégration. Les ministres en charge de la Culture, Christine Albanel et Bernd Neumann, entendent ainsi coopérer plus étroitement dans le domaine de l’éducation à l’art et à la culture. Ils ont aussi décidé de créer un prix littéraire franco-allemand, baptisé « Prix Candide », pour récompenser les jeunes auteurs des deux pays qui contribueront à mieux faire connaître le pays voisin. De leur côté, les ministres de la recherche, Annette Schavan et Valérie Pécresse, se sont rendues au Centre Marc Bloch de Berlin. Ce centre de recherche franco-allemand specialisé en sciences sociales travaille activement sur les thématiques liées à l’intégration. Les deux ministres se sont faits présenter un projet de recherche concernant la formation et l’insertion professionnelle des migrants en France et en Allemagne.
AL
Plus d’informations :
Les projets franco-allemands en matière d’intégration (en français) :
www.france-allemagne.fr/Les-projets-franco-allemands-en.html
Les projets de coopération générale (en français) :



Partager ce lien